Herman Schultz est un cambrioleur de métier, non pas un criminel idéologique ou un génie du mal, mais un professionnel de l'effraction qui a développé une compétence technique remarquable. En prison, il conçoit et fabrique lui-même, à partir de matériaux de fortune, un costume vibro-choc et des gants capables de projeter des ondes de choc à haute fréquence. Cette réalisation autodidacte d'une technologie sophistiquée est l'un des aspects les plus sous-estimés du personnage.
Créé par Stan Lee et John Romita Sr. dans The Amazing Spider-Man #46 (1967), Shocker est l'un des antagonistes les plus honnêtes de la galerie de Spider-Man, il ne cherche pas la domination mondiale, il veut juste braquer des banques sans se faire attraper. Sa combinaison absorbe les impacts physiques (réduisant considérablement les dommages des coups de poing de Spider-Man), et ses gants projettent des vibrations dévastatrices à courte et moyenne portée. Il est pleinement conscient qu'il n'est pas dans la catégorie des super-vilains de premier rang et cette lucidité est l'un des éléments les plus sympathiques et les plus comiques de son personnage dans certaines séries. Des auteurs comme Nick Spencer (The Amazing Spider-Man vol. 5) lui ont offert des arcs plus développés, explorant sa psychologie de criminel professionnel sans ambition cosmique dans un monde de super-vilains grandiloquents.
Dans The Superior Foes of Spider-Man (2013–2014), Nick Spencer adopte le point de vue de criminels de second rang de l’univers Marvel, dont Shocker. La série met en scène leurs échecs, leurs petits coups et leur incompétence chronique dans un registre comique et désabusé, illustrant une vision “au sol” du crime organisé super-vilain. Certaines intrigues absurdes, impliquant notamment des figures comme Silvermane, soulignent leur incapacité à contrôler les conséquences de leurs actions.
Shocker est la preuve que l'univers Marvel est assez riche pour accueillir des personnages qui ne veulent pas dominer le monde mais juste s'en sortir. Son importance tient à sa fonction de contrepoids comique et humain dans un catalogue de vilains cosmiques et idéologiques. Le thème central qu'il incarne est celui de l'ambition modeste et de la dignité qu'il y a à assumer ses limites.